La petite nostalgie

Chaque fois que mon souffle sort en boucane de ma bouche, je dois faire le deuil de ce qu’est ma vie durant la saison chaude.

Quand le weekend où la chaufferette devient un indispensable arrive, j’ai le cœur en petits morceaux. J’ai la nostalgie accrochée aux baskets. Je renifle le cou de mon chat dans un dernier geste de réconfort.


Entendez-moi bien, j’aime cette saison où je peux m’habiller comme un oignon et boire des lattes à profusion, mais moi quand on se gèle les doigts dans nos petits gants magiques je dois dire au revoir à Bertha ma douce.


Cet Caravan qui partage avec moi cette idéologie d’un monde meilleur. Cette envie de découvrir la prochaine route secrète qui nous apportera dans un univers parallèle.


Moi quand il fait froid…

  • Je m’ennuie de manger de l’asphalte pour déjeuner, dîné et souper. 
  • Je m’ennuie des papillons qui s’affolent dans mon ventre juste à l’idée de penser à ma prochaine aventure.
  • Je m’ennuie de cette excitation à découvrir un nouveau café local qui débutera ma journée de route en beauté.
  • Je m’ennuie de conduire des heures interminables en chantant à tue-tête les chansons des sœurs Boulay.
  • Je m’ennuie de ces arrêts pipi qui, bien souvent, se terminent quelque part derrière un buisson ou dans une toilette pas très fréquentable.
  • Je m’ennuie du vent qui me fouette la face sur la grande route de campagne.
  • Je m’ennuie de ces détours qui me mettent en rogne, mais qui au final, me font découvrir des lieux magiques.
  • Je m’ennuie du feu de camp dont je suis tellement fière de réussir maintenant.
  • Je m’ennuie de me lever en pyjama laid dans le stationnement du Wal-Mart.
  • Je m’ennuie de me sentir si libre de prendre ma douche, (lire ici : dispositif portable qui crache un mini-filet d’eau) ben froide, nue comme un ver dans le bois.
  • Je m’ennuie d’humer le crottin de vache parce que c’est le signe que je suis loin de la ville.
  • Je m’ennuie de me faire croire que je suis la reine du BBQ et de le crier haut et fort aux sapins et aux épinettes qui m’entourent.
  • Je m’ennuie de m’endormir au son de la rivière qui coule quelque part pas très loin.
  • Je m’ennuie d’être éclairée par ma lampe frontale et d’essayer de lire, tant bien que mal, dans mon lit de van.
  • Je m’ennuie de voir ma chatte, fausse nomade, vivre l’aventure avec moi  les poils d’oreilles au vent.

Alors moi quand il fait froid je suis en deuil. Ah ça me passera bien, quelque part autour du mois de décembre, dans la frénésie de Noël.


Ma Bertha n’est plus. Elle redevient une simple Dodge Caravan beige qui a l’air de transporter une grosse famille de 4 enfants.


Par contre, si vous la croisez sur la rue, elle se fera un plaisir de vous faire un clin d’œil rebelle du haut de ces autocollants de fenêtres arrière. Parce que non Bertha ce n’est pas qu’une simple fourgonnette 7 places..C’est une créatrice d’aventures. C’est mon refuge, mon sanctuaire où tout devient soudainement possible.


Ceci n’est pas un adieu mais plutôt un Au Revoir.
On se reprendra bien, de plus belle, le printemps prochain ma douce Bertha!

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